6 août 2008

Les 20 films que j’emporterais sur une île déserte

> Ma vie, mon humeur et mes envies — Soundwave @ 13:04

Et bien voilà, pour la troisième fois consécutive, je commence mon blog avec un Top 20! Mais pourquoi un tel entêtement, me direz-vous? Surtout que c’est tout le temps le même, en plus! J’aurais bien voulu pour cette troisième édition faire quelques changements, de nouveaux films qui font leur apparition… Et bé non, c’est toujours les mêmes, fidèles au poste. Quelques films se bousculent dans le Top 40, voire 30, mais les 20 premiers, ca va être difficile de les détrôner. Pour une raison très simple, les films, je les traite comme des amis. Je récompense tout le temps les longues amitiés. Dans ce cas, difficile, voire quasi impossible qu’un nouveau film creuse son sillon aussi profondément qu’un ancien. D’autant plus ardu qu’une bonne majorité de ces films ont fait le cinéphage que je suis… Impossible de les oublier… Leur rendre hommage est indispensable à mes yeux et plutôt que de faire un simple copier-coller de l’ancien, une refonte totale s’impose.

20 - Razorback

Jaquette Razorback Razorback Jaquette 2

Dans le bush australien, un sanglier géant dévore une journaliste américaine qui se trouvait au mauvais endroit et au mauvais moment. En quête de réponses, son mari se rend sur place, sans se douter une seule seconde ce à quoi il sera confronté. Mais que voilà le film idéal pour commencer ce classement! Au delà du fait qu’il s’agisse d’un film d’agression animale (et fort original, d’ailleurs… Un sanglier géant, mazette…),  il explique assez bien pourquoi certains films, à priori anodins, se permettent de laisser une trace indélébile dans mon cerveau dérangé. Si c’est loin d’avoir été un choc à la première vision étant petit (je le trouvais même assez moyen, à vrai dire…), c’est à force de re-visionnage qu’il m’a paru être un incontournable! La seconde vision a d’ailleurs failli être la dernière, car j’étais en train de faire un petit nettoyage dans mes VHS. Je l’avais enregistré il y a bien longtemps (sur une de mes rares K7 Sony, d’ailleurs… Je m’en souviens comme si c’était hier… Mais je disgresse, là…) et avant de l’effacer (c’est vous dire à quel point je le trouvais moyen), je me suis dit que ce serait une bonne idée de le regarder avant pour être sûr. Brillante idée, car je me suis rendu compte de la gaffe que j’allais faire. Et depuis, à chaque fois que je le regarde, j’y prend de plus en plus de plaisir (signe distinctif de tous les films qui se retrouvent ici), jusqu’à cette indétrônable vingtième place. Comment expliquer une telle escalade?

Razorback Sniper

Première chose qui me vient à l’esprit: l’extraordinaire travail du réalisateur Russel Mulcahy. On a souvent souligné qu’une des grandes réussites de Massacre à la tronçonneuse est la manière dont Tobe Hooper est parvenu à retranscrire à l’écran la chaleur écrasante qu’il peut régner au Texas. Et bien, malgré le fait que Mulcahy soit à la base un petit prodige du clip vidéo (pour Duran Duran, notamment), et que cela se voit (il y a de très nombreuses images qui impriment la rétine, notamment lors de la séquence du rêve), le gros point fort de Razorback est sa restitution viscérale du bush australien. Fantasmée ou réaliste, je n’en sais rien, n’ayant jamais mis les pieds en Australie, mais une chose est sûre, j’applaudis des deux mains! Chaleur intenable le jour, température glaciale la nuit, ville poussiérieuse à souhait, habitants locaux à l’hygiène douteuse, conserverie PetPak absolument immonde… Tout cela participe à une ambiance assez unique en son genre. Ambiance renforcée par une musique envoûtante signée Iva Davies, très eighties j’en conviens, et c’est sans doute pour cela que j’aime beaucoup (j’ai d’ailleurs longtemps cherché la BOF, heureusement qu’Internet et des gens ouvert au partage existent ;-) ). Pour bien noircir le film également, on peut compter sur la présence de deux salopards que je ne suis pas prêt d’oublier: les frères Parker, Benny et Dicky. Si le Razorback reste un animal et n’est donc pas vraiment le méchant du film, les deux frangins lui volent la vedette, commettant des actes totalement immoraux en toute impunité. Les deux acteurs les incarnant cabotinent à souhait, c’est un véritable régal.

Razorback Benny & Dicky

Et tant que je suis dans les acteurs, signalons la présence magnétique de Bill Kerr, qui interprète ici le chasseur Jack Cullen. Peut-être le véritable héros du film et un allié précieux pour Carl Winters (Gregory Harrison), obsédé par la vengeance. De l’aide, l’américain en obtiendra également de Sarah, une jeune femme qui tente vaille que vaille de survivre dans un milieu aussi hostile. Arkie Whiteley se charge d’incarner la lumière dans toute cette crasse et elle y réussi particulièrement bien. Pour être honnête, je retombe amoureux d’elle à chaque fois que je regarde le film! Dire que les premières fois que j’ai vus Razorback, je ne savais même pas si son personnage survivait ou non! En effet, lors de sa première diffusion télé, le film est passé pratiquement en 4/3! Ce qui donnait une fin très ambiguë, car la dernière image était centrée sur Carl, tenant une Sarah inerte dans ses bras et pris d’un sanglot nerveux! Comme il s’agit d’un gros plan, impossible de voir les yeux de Sarah s’ouvrir à ce moment-là! Imaginez l’angoisse! Il a fallu attendre une diffusion en cinémascope pour que l’insoutenable mystère soit résolu! Tout est bien qui finit bien, en tous cas pour Sarah. Pour Arkie Whiteley, également présente dans Mad Max 2, la vie n’a pas tenu toutes ses promesses. Même si elle a encore vécu une quinzaine d’années, elle est décédée en 2001 d’un cancer fulgurant, à l’âge de 37 ans. Une moitié de vie pour une actrice que j’aurais voulu voir plus souvent…

Arkie Whiteley

19 - Mad Max 2

Excellente transition… Arkie Whiteley, le désert australien… Mad Max 2, bien entendu! Je ne le fais vraiment pas exprès, mais au prix du kérosène, et vu le temps de vol, que diriez-vous de rester encore un moment au pays des kangourous - euh, des Razorbacks, je veux dire - ?

Mad Max 2 jaquette

Si le premier Mad Max est une éclatante réussite à mes yeux, je dois bien reconnaître que j’ai du le voir deux ou trois fois, pas plus. Par contre, sa suite… Oulàlà, je ne les compte plus… Nous avions quitté un Max torturé, anéanti par l’horrible mort de sa femme et de son enfant. Sa vengeance accomplie, pouvait-il redevenir l’homme qu’il était avant? Négatif. Pas avant d’avoir retrouvé un semblant d’humanité et c’est justement ce long et difficile chemin que raconte le film. Dans un contexte post-apocalyptique encore plus désespérant que dans le premier opus, Max arpente les routes, à la recherche de carburant qui se fait rare. La principale difficulté: éviter les différentes bandes de pillards qui font la loi. Celle du plus fort. Un bastion tente vaille que vaille de résister aux assauts de l’une d’entre elles et Max se propose de les aider en échange d’essence. Le début d’un nouveau départ. Le début d’un film d’action absolument faramineux!

Mad Max Humungus

Comment George Miller a-t-il pu insuffler une telle tension dans ces fameuses scènes automobiles?  Ca roule à du 200 à l’heure, la tôle se froisse, les corps sont fracassés, pulvérisés. La longue scène finale, l’assaut du camion, ne nous laisse même pas le temps de respirer. Ou plutôt si, lors de quelques scènes de suspense savamment dosées, la caméra se repose un peu pour mettre nos nerfs encore plus à l’épreuve. Et lorsque cette poursuite d’anthologie se termine enfin, on est aussi exténué que le héros, qui peine à s’extraire du monstre d’acier renversé par le dernier coup d’éclat d’Humungus le Terrible…

Mad Max 2 crash

Mad Max 2 a eu à sa sortie un impact terrible et son succès a généré toute une flopée de bis italiens (dont très peu que j’ai réussi à voir, à mon plus grand regret). Il faut dire qu’on avait rarement vu un futur qui ressemble autant à l’enfer sur Terre et que dans le registre du film d’anticipation, il fait toujours office de référence. La carrière de Mel Gibson était définitivement lancée, lui qui n’appréciait pas plus que ça son personnage, taciturne et introverti, alors que sur un plateau, il est incapable de se taire (pas que sur les plateaux, d’ailleurs). Peut-être que les Mad Max ont également joué un rôle dans son apprentissage de cinéaste, car au vu de ses dernières oeuvres, on pourrait presque le rebaptiser “l’australien violent”. Cette violence, pourtant si horrible en soi mais tellement fascinante…

Je recommande chaudement de faire un petit tour sur ce site, tenu par un australien (en anglais donc… ;-) ): http://www.madmaxmovies.com/

18 - Terminator

Terminator jaquette

Terminator marque l’éclosion d’un cinéaste sur lequel il faudra désormais compter: James Cameron. On peut quasiment considérer qu’il s’agit ici de son premier film (je n’ai rien contre le très sympathique Piranhas II: les tueurs volants, mais étant donné qu’Ovidio Assonitis a mis la main à la pâte, difficile de savoir qui est le réalisateur, finalement…)  et je trouve que pour un premier film, c’est sacrément bien foutu ;-) ! L’idée du film vient de Cameron lui-même, après avoir rêvé d’un squelette robotique baignant dans le feu. Reste à broder une histoire là-dessus. En 2029, après avoir failli dominer le monde, les machines sont sur le point d’être définitivement renvoyées à la casse. Leur dernière chance: envoyer dans le passé un assassin cyborg, qui se chargera d’éliminer la mère du chef de la rébellion, John Connor. Ce dernier envoie à son tour son meilleur homme afin de la protéger.  Tout le monde connait l’histoire, inutile de continuer, je suppose? On peut presque dire que Terminator est rentré dans les moeurs, malgré une histoire sensiblement compliquée par des paradoxes temporels à s’arracher les cheveux. La recette de Cameron est simple: suspense et action au programme. Ce qui fait la différence avec n’importe quel tâcheron? Une rigueur exemplaire dans la mise en scène, et ce malgré un tournage quasi clandestin et un budget assez restreint pour un film bourré d’explosions et d’effets spéciaux (6 millions de dollars, certes, c’est pas rien, mais à l’écran, rentabilité maximale!).

Terminator T-800

A charge de Stan Winston de donner vie à la vision de Cameron, en créant ce fameux squelette de métal qui se cache sous la peau de l’indestructible tueur (qui à la base aurait du être incarné par Lance Henriksen, mais Cameron s’est ravisé en faisant la connaissance de SchwarzeneggerHenriksen héritera ensuite du rôle de Vukovich). Pour faire face à ce redoutable adversaire, il fallait obligatoirement un personnage fort, et Kyle Reese est l’homme de la situation. Michael Biehn trouve ici le rôle de sa vie et prouve que bien dirigé, il peut faire des étincelles (ce qui n’est pas toujours le cas, il faut bien en convenir…). Il y a une telle détermination dans son regard, une telle dépense d’énergie qu’on a vraiment le sentiment que son personnage tient le destin du monde entre ses mains.  Dire que l’acteur a bien failli être recalé à son audition, ayant débité son texte avec un accent du sud qui ne collait pas du tout au personnage. Il a eu droit à une seconde chance, lorsque son agent a finalement mis les choses au point: l’audition précédente de son poulain nécessitait un tel accent, et il n’avait pas réussi à le perdre face à Cameron.

Terminator Kyle Reese

Pour parler des autres qualités du film, il est plus facile de faire une comparaison avec sa suite, Terminator 2 - Le jugement dernier. Honnête divertissement, je suis tout de même sorti de la salle déçu. Le rythme du film n’est pas aussi soutenu, les séquences d’action sont plus pépères, très peu de scènes qui se déroulent dans le futur (vivement un film rien qu’avec ça!) et malgré tous les efforts de Robert Patrick, qui a tout de même fait un splendide boulot, rien à faire: le T-1000 n’arrive pas à la cheville du T-800. Faute à un scénario qui se contente de le mettre en valeur dans des scènes à effets spéciaux, mais qui néglige totalement son implication dans l’histoire (Il arrive souvent après tout le monde, en fin de compte…). Même pour la musique  de Brad Fiedel, le budget revu à la hausse lui a fait perdre de son impact. C’est bien joli d’avoir un orchestre et tout le bazar, mais si c’est pour accoucher d’une musique plus conventielle et moins rentre dedans, ca ne sert pas à grand chose! Et c’est là qu’on constate que malgré un budget moins important, le premier Terminator est une réussite à tous les niveaux.

17 - Starship Troopers

Starship Troopers Jaquette

Difficile de parler de Starship Troopers sans parler de Paul Verhoeven. Si la majorité des cinéastes européens éprouvent certaines difficultés à mettre en scène des films qui se “contentent” de raconter une histoire (avec son lot de rebondissements et de séquences fortes) , préférant la plupart du temps un cinéma d’auteur plus respectable mais aussi plus hermétique, Verhoeven est d’une tout autre trempe, un homme passionné, généreux, tourmenté… Il faut le voir gueuler et gesticuler sur un plateau de tournage, une véritable tornade. Ses interviews sont toujours un régal, il reste humble, intègre et sans langue de bois.  Sa carrière hollywoodienne ne s’est pas faite sans mal, même avec l’avantage d’un véritable don pour captiver son audience. Allez faire comprendre les personnages de La Chair et le sang à des américains, plus habitués aux gentils d’un côté et les méchants de l’autre. Mais le hollandais aime travailler aux Etats-Unis. Malgré les difficultés, il s’accroche, pour accoucher de sacrés bons films (Robocop, Total Recall, Basic Instinct… Sur un CV, je trouve que ca pète bien). Avec toujours cette maestria de prendre son public par la main, délicatement les premières scènes, mais petite à petit, il ressert son étreinte et vous entraîne de force dans son film. Starship Troopers ne déroge pas la règle. Une assez longue présentation des personnages (le temps de tomber amoureux de Dina Meyer…), des étudiants malléables et sans grance consistance, qui prendront une tout autre dimension sur le champ de bataille. Car oui, dans le futur, la Terre est menacée. De gigantesques insectes menacent les êtres humains en attaquant de leur planète. L’armée recrute dès la sortie de l’école, via une propagande très efficace. Et c’est le coeur vaillant que nos trouffions débarquent sur Klendathu, presque heureux à l’idée d’en découdre avec l’ennemi.

Starship Troopers à l'attaque

Mais la réalité du terrain est tout autre, et les aliens se feront une joie de tous les massacrer. A sa sortie, le film a rencontré de vives critiques, surtout aux Etats-Unis. Il faut dire que même maintenant, le film reste ambigu. Tout la question est de savoir si le film se positionne pour ou contre la guerre.  La réponse dépend évidemment du recul que l’on peut avoir, et le ton caustique de certaines séquences ne trompe pas: Verhoeven tape dur sur le fascime et le militarisme. Mais d’un autre côté, il nous offre des scènes de combats absolument homériques, qui constituent un spectacle de grande qualité. Après tout, ce ne sont que des insectes, pas de sang rouge quand on les tue! On peut donc tout se permettre! Alors oui, la guerre, c’est moche, mais quelle puissance dans les émotions générées! Et pour parvenir à rendre crédible cet affrontement sans merci, et donc créer ces émotions de toutes pièces, il fallait la crème des crèmes. Première mission: rendre crédible la menace. C’est chose faite avec des effets spéciaux hallucinants créés par toute une équipe, dont le vétéran Phil Tippett.

Starship Troopers Dizzy dans ses oeuvres

Dizzy dans ses oeuvres…

Deuxième mission: donner du punch aux séquences d’action proprement dite. Et pour ça, on peut compter sur le caméraman Jost Vacano et le petit prodige du montage, Mark Goldblatt. Troisième mission: magnifier les actes d’héroïsme. La musique de Basil Poledouris s’y emploie parfaitement. Quatrième mission: évoluer avec des personnages attachants. Ca n’est pas totalement le cas, bien entendu, mais cela doit dépendre un peu de tout le monde. Je dois dire que j’ai plus de mal avec les pilotes, du fait de mon aversion pour Denise Richards. Mais si on redescent sur la terre ferme, Casper Van Dien et Jake Busey sont assez sympathiques et bien entourés par le charismatique Michael Ironside et surtout le fabuleux Clancy Brown, l’instructeur de choc! Naturellement je ne pourrais passer sous silence l’immense révélation du film: Dina Meyer, qui donne vie à un des meilleurs personnages de tous les temps, j’ai nommé Dizzy Flores! Jamais la mort d’un personnage de fiction ne m’a autant affecté au cinéma et d’ailleurs, je cours  immédiatement m’engager à la Fédération, pour faire mon devoir de citoyen! Pour Dizzi, chaaaaaaargez!!!!!

16 - Massacre à la tronçonneuse

Texas jaquette

A l’époque de ma frénésie de films d’horreur, je ne lisais que très peu de magazines. Quelques Mad Movies, mais je devais à peine en avoir une dizaine, préférant utiliser mon argent de poche pour autre chose, voire même économiser (c’est fou ce que j’économisais étant ado, surtout quand je compare à tout ce que je dépense maintenant!). La télé ne suffisant pas, je me suis bien entendu tourné vers ma chère vidéothèque. Mon père avait encore déniché un véritable hangar à K7, dont une bonne dizaine de mètres d’étagères consacrées au genre. Je connaissais bien entendu la réputation de Massacre à la tronçonneuse, mais ce n’est pas pour cela que je me suis jeté dessus. J’essayais plutôt de procéder par ordre et de louer les films étagère par étagère. Imaginez le nombre de daubes que j’ai du regarder pour tomber sur quelques perles par ci par là. Evidemment, “Le film que vous ne verrez jamais à la télévision!”, dixit René Château, fait partie de ces perles. Pourtant, les conditions de visionnage étaient assez exécrables, la bande devait dater de Mathusalem, rongée par les milliers de magnétoscopes qui sont passés avant moi (un gang bang terrible, quand on y pense… ;-) ). L’image du film est déjà granuleuse à la base, mais là, ca faisait limite mal au yeux. Les couleurs étaient tellement délavées que c’était quasiment du noir et blanc et le son nasillard ne faisait rien pour arranger les choses. Pourtant, impossible de l’oublier à la fin du générique. Un film qui marque. J’étais bien entendu dans le devoir de faire une copie avant de le rendre, mais je me suis dit que c’était vraiment n’importe quoi, la copie sera encore plus dégueulasse que l’original. Je l’ai donc ramené la mort dans l’âme… pour ensuite le relouer trois jours plus tard et finalement en faire une copie!

Texas Leatherface

Massacre à la tronçonneuse n’est pas vraiment un film d’horreur, comme la plupart des gens l’entendent. Pas beaucoup de suspense, pas de membre déchiqueté, pas de gore… Même le titre en soi est un trompe-l’oeil. Si vous regardez ce film avec cet état d’esprit,  avec cette attente, c’est rapé, le film ne va pas vous plaire (d’ailleurs, je connais très peu de gens dans mes connaissances cinéphiliques qui l’ont apprécié). En revanche, si vous parvenez à ne faire plus qu’un avec cette pesanteur, cette chaleur écrasante qui règne au début du film, ca va fonctionner du tonnerre! L’idéal est donc de regarder le film pendant l’été, en soirée. Quand la moiteur s’échappe des murs… Alors, cette histoire de jeunes gens en vadrouille dans un Texas qui vous brûle la peau, et qui font connaissance avec une famille de dégénérés, vous allez la vivre de l’intérieur. La chaleur vous fera voir des choses… des choses que le film ne montre même pas. Mais suggère plus qu’habilement et c’est bien cela la plus grande force du film: instaurer une ambiance propice à la folie. Folie qui éclatera dans un repas final inoubliable, où le rire cotoie le malsain.

Texas repas

On a souvent dit que l’atmosphère qui régnait sur le plateau a beaucoup compté dans le succès du film, et c’est sans doute vrai en partie. Tobe Hooper se montrait intransigeant, les acteurs et les techniciens étaient tous très nerveux, car les conditions de tournage étaient loin d’être confortables. Surtout avec cette chaleur et cette odeur épouvantable qui se dégageait de la pièce à ossements. Mais je suis également convaincu que la réussite du film doit beaucoup au talent du réalisateur. Hooper est loin de faire l’unanimité auprès des cinéphiles et des cinéphages mais même si sa carrière est plutôt en dents de scie, je persiste à penser qu’il a un don particulier, qui le rend unique. Il parvient à générer un sentiment de malaise comme nul autre. Ses films se déroulent presque normalement, et puis sans prévenir, la gentille réalité se fissure et on bascule vers des scènes qui mettent franchement mal à l’aise. C’est bien entendu le cas dans Le crocodile de la Mort et Massacres dans le train fantôme, mais aussi dans l’épisode pilote qu’il a signé pour la série Taken, par exemple. Série que je n’ai pas aimée du tout, mais rien que pour le passage où les extra-terrestres capturés torturent mentalement leurs geôliers humains (du pur Hooper!), ca valait le coup de la regarder! Alors oui, ce réalisateur n’est pas un modèle de constance mais rien que pour cette mystérieuse alchimie qu’il parvient à instaurer dans ses films, il fera toujours partie de ces réalisateurs qui comptent…

15 - Halloween

Halloween jaquette

Impossible d’envisager un Top 20 sans un film de John Carpenter, tant ce réalisateur a compté pour moi. Sa filmographie est exemplaire à mes yeux, et si je veux bien admettre qu’elle est inégale, c’est très vite contre-balancé par quelques chefs-d’oeuvre qui ont marqué le cinéma de genre. Des films comme The Thing, L’antre de la folie ou même le “super-mal-aimé” Ghosts of Mars ;-) auraient pu figurer dans ce classement. Mais j’ai toujours eu une grosse affection pour La nuit des masques. Peut-être pas son film le plus abouti (encore heureux, ca n’est que son deuxième…) mais celui qui me procure le plus de plaisir. Si le scénario est des plus classiques (un malade mental s’échappe de son asile et vient semer la terreur dans la petite ville d’Haddonfield, pour les deux qui dorment dans le fond…), Carpenter a décidé de métamorphoser son tueur en boogeyman ultime. Et malgré tous les films que j’ai ingurgité avec des tueurs en série en tout genre, AUCUN ne lui arrive à la cheville. Même dans les suites (sauf le troisième qui aurait mieux fait de changer de titre) où bien entendu il s’agit du même personnage, jamais Michael Myers ne retrouvera l’aura ténébreuse du premier Halloween. Alors que tous les ingrédients sont pourtant respectés! L’entêtante musique signée Carpenter himself est sensiblement la même d’un épisode à l’autre. Myers ne parle jamais et semble surgir du néant à chacune de ses attaques. Il représente le mal absolu, donc immortel.

Halloween Myers enfant

Oooh, mais quel adorable bambin… Il est en plastique le couteau, là, au moins?

Mais voilà, les autres épisodes ne sont pas dirigés par Big John et ça fait toute la différence (Je n’ai toujours pas vu la version de Rob Zombie, je me demande s’il est parvenu à retrouver ce bon vieux Michael Myers…). Il arrive à rendre flippant un simple plan qui montre une rue de la ville. Et l’idée de montrer Myers dans le même plan que la victime sans que celle-ci ne le voie s’avère brillante car à chaque fois qu’il apparait, on retient son souffle, tant sa présence écrase tout le reste. Massif, marchant lentement mais donnant des coups de couteaux à la vitesse de l’éclair, le tueur fait forte impression. Dire qu’un peu de peinture sur le masque du gentil Capitaine James T. Kirk, et voilà, le visage blanc est synonyme de mort.

Halloween Myers adulte

Ce masque est parfait, ce qui n’est plus le cas dans les autres opus de la saga. Je ne sais pas comment il s’y sont pris, mais j’ai l’impression que le masque change tout le temps. Pas fondamentalement, mais il est toujours moins effrayant. Seule la suite directe, Halloween II, parvient de temps en temps à retrouver le Myers que j’aime tant, mais ma mauvaise langue me force à dire que ce sont surement les scènes que Carpenter a du tourner en catastrophe pour rehausser le niveau du film. Mais cela ne suffit pas, car si cette suite est honorable, on est loin de la magie du premier. John Carpenter, ou comment faire d’un simple film de commande un brillant exercice de style, pour finalement accoucher d’un film référence et un des plus grands succès du cinéma indépendant. Pour certains d’entre vous, suite à la débauche d’effets sanguignolents des films d’horreur récents, il aura sans doute mal vieilli, mais pour moi, Halloween, c’est avant tout la parfaite incarnation du tueur charismatique. Une figure forte du cinéma de genre.

13 - La famille Addams
14 - Les valeurs de la famille Addams

La famille Addams

Je ne suis pas ce qu’on peut appeler un grand amateur de comédies. Je vais rarement en voir au cinéma, contrairement à une grosse majorité de gens. Bon, je me rattrape à la télé, pas de panique, mais en gros, le rire n’est pas la première chose que je recherche dans le cinéma (c’est bien plus marrant dans la vraie vie…). Bon, attention, il y a d’excellentes comédies et la plupart sont françaises. Pas mal de la vielle école, d’ailleurs comme certains De Funès (rien à faire, les Fantômas, c’est grandiose…), ou moins ancien comme La chèvre (peut-être la meilleure comédie française à mes yeux… “Campana, j’étouffeeee!!!”). Sinon, dans les plus récentes, pas mal de Poelvoorde, qui me fait toujours autant marrer. Curieusement, très peu de comiques américains ne trouvent grâce à mes yeux. Et donc, très peu de comédies américaines, par la même occasion. La grosse exception reste donc les deux Addams Family, signés Barry Sonnenfeld. Tout à fait mon humour, et je suis écroulé de rire à chaque vision (”Garde-robe d’hiver de l’oncle Zigzag… Garde-robe d’été de l’oncle Zigzag… Oncle ZigZag…” N’importe quoi ;-) )

Addams Gomez

Vous ne couperez pas à la Mamoushka!!!

Evidemment, il est très difficile pour moi de vous convaincre que c’est génial, l’humour variant d’une personne à l’autre. Combien de gens m’ont dit que c’était même pas drôle, La famille Addams… Mais je vais tout de même tenter une explication, car à l’écran, il y a tout de même une sacrée brochette d’acteurs et pas des moindres. A tout seigneur tout honneur, commençons par Raul Julia, qui est immédiatement entré dans mon top 5 d’acteurs préférés dès que j’ai vu son interprétation ébourriffante de Gomez. Une véritable tornade d’air frais, avec ses mimiques, son regard, sa gestuelle et surtout son enthousiasme délirant. C’était déjà quelque chose dans ses trop rares scènes de Chewing-Gum Rallye, mais là, il s’est surpassé. L’annonce de sa mort (un tout petit encart de rien du tout dans le Ciné Télé Revue) à seulement 54 ans (encore cette saleté de cancer…) m’a d’autant plus touché, à l’époque; j’avais vraiment l’impression de perdre une personne chère à mes yeux… Mais la vie continue, et l’humour aussi, car je passe à l’autre pile électrique, spécialiste des allumés en tout genre, j’ai nommé Christopher Lloyd! De savant fou à martien de passage sur Terre, il franchit une étape supplémentaire en incarnant l’oncle Fétide.

Addams Fester

Je m’appelle Fétide! Ca veut dire “rééééppu-gnant!!”

D’abord amnésique, ce cher oncle s’introduit dans sa propre famille, à la recherche du fabuleux trésor qu’abrite le château. Et refaire connaissance avec un frère aussi farfelu que Gomez nous vaudra quelques scènes inoubliables. Idem lors de son dilemme pour tromper les siens avec la complicité de celle qui prétend être sa mère, notamment ce “Ta gueule, Gordon!!” proféré par cette dernière lors du conflit final. Une autre “star” irrésistible, c’est la petite Christina Ricci (qui n’a pas beaucoup grandi depuis… ;-) ), tout à fait à l’aise dans le rôle de Mercredi, et encore plus impressionnante dans le second épisode. Difficile de choisir lequel des deux est le meilleur, d’où ce quasi ex-aequo (je préfère un poil le premier, mais vraiment un poil, alors…). Moment de doux bonheur commun aux deux films: le démontage dans les règles de l’art du traditionnel spectacle des enfants sous les yeux de parents ébahis par tant de prouesse… Ca me venge de l’accoutrement ridicule de bisounours que j’ai du enfiler pour la fête de fin d’année scolaire lorsque j’étais gamin!

12 - L.A. Confidential

LA Confidential

Si ma mémoire ne me joue pas des tours, L.A. Confidential est le dernier film que j’ai été voir seul au cinéma. Il n’y en a pas eu beaucoup, mais que voulez-vous, parfois certains films, on a du mal à les vendre à son entourage. Et mon flair me disait qu’il ne fallait pas traîner (il est en effet resté deux semaines à l’affiche), donc je ne suis pas trop posé de questions. Les critiques étaient excellentes et malgré le fait que le polar est loin de faire partie des mes genres préférés (en plus, je n’avais pas encore lu le moindre James Ellroy), j’étais persuadé que j’allais passer un bon moment. Ben oui, Kim Basinger, quoi! L’actrice emblématique de mon adolescence. Tous les intercalaires de mes fardes à l’école étaient remplis de photos, d’articles et d’un petit guide de ses films écrit par mes soins. Depuis, d’autres actrices ont pris le relais, mais Miss Basinger aura toujours quelque chose de spécial à mes yeux. C’était son grand retour (3 ans sans le moindre film) et je ne pouvais le manquer. Si en plus le film est de grande qualité, que demander de plus?

LA massage

L’intrigue va nous faire découvrir la police de Los Angeles, un peu à part des autres, avec ses policiers vedettes, la pression de la presse et des affaires sordides se déroulant dans des villas somptueuses. Le récit va surtout s’attarder sur deux flics très différents: Bud White et Ed Exley. L’un étant une brute au grand coeur et l’autre un golden boy ambitieux mais qui tient à garder son intégrité. Une solide équipe qui fera toute la lumière sur la traditionnelle affaire de corruption et de flics ripoux. Mais cela ne se fera pas sans mal, l’intrigue est touffue et les adversaires coriaces. L’histoire m’a littéralement scotchée au fauteuil, d’une limpidité quasi miraculeuse pour une enquête difficile à résumer en quelques mots. Curtis Hanson, bien secondé par Brian Helgeland, a fait un remarquable travail d’adaptation. La réalisation est soignée, hargneuse lorsque Bud laisse éclater sa fureur et posée lors des interrogatoires menés par Ed. Comme quoi, on peut très bien faire des petits films sans importance style La rivière sauvage ou La main sur le berceau et ensuite d’accoucher d’un film maîtrisé de bout en bout.

LA Bud et Ed

Celui-ci a bien entendu l’avantage d’un casting hé-naurme, bourré d’acteurs que je suis toujours ravi de retrouver à l’écran: Kevin Spacey, David Strathairn, James Cromwell et Danny DeVito. Du solide de chez solide. Et ce ne sont que les seconds rôles, car pour Ed et Bud, c’est la grande révélation de Guy Pearce et de Russel Crowe, tous deux débordant de charisme. Et finalement Kim… Comme au bon vieux temps, les étoiles plein les yeux! Nomination indiscutable pour le meilleur second rôle. Impossible pour moi de rater la soirée des Oscars, diffusée à deux heures du matin en semaine. Et impossible d’oublier Cuba Gooding Jr annoncer le résultat. Le petit frisson de bonheur. La cité des anges porte bien son nom…

11 - Alien³

Alien ³ jaquette

Pour n’importe quel fan de science-fiction normalement constitué, la saga Alien a marqué le cinéma de son empreinte. Les quatre films ne sont pas tous appréciés de la même façon, certains préfèrent le premier, plus propice à distiller un suspense implacable tandis que d’autres prennent un pied pas possible avec la suite bourrine signée Cameron.  D’autres encore vomissent de toutes leurs tripes un quatrième épisode qui se moque totalement de cet extra-terrestre fascinant. Je suppose que tout le monde aura compris que ces différents avis sont en fait les miens ;-) . Mais alors, mon véritable petit préféré, c’est lequel? Dure, la question… Et en fait, pas si dure que cela, car le troisième épisode est un peu comme un mélange des deux premiers. On retrouve ce suspense si cher aux fans de la première heure, mais malgré l’absence d’armes et de trouffions de l’espace, l’action n’en est pas mise de côté pour autant, la monstrueuse poursuite dans un labyrinthe de portes et de couloirs étant là pour le prouver.

Alien ³ Sigourney

Le gros point fort d’Alien³, c’est cette ambiance si particulière que l’on peut retrouver dans les films de prison. Ici, pas de héros, pas de présence réconfortante, à part le bon docteur Clemens qui disparaîtra rapidement (et c’est bien dommage, Charles Dance m’a littéralement hypnotisé dans ce film). Ripley est seule, Hicks et Newt n’ayant pas survécu au crash de la navette. A elle de puiser dans ses resources pour dresser la bande de tueurs et de violeurs qui ont fait de cette prison une véritable église. Avec leur aide, la chasse à l’alien peut commencer. Une chasse quasi mystique, où l’extra-terrestre incarne le démon mais aussi une chance de rédemption pour tous ces tôlards. Charles S. Dutton incarne à la perfection Dillon, leur bouillonnant leader. Il ne sera pas de trop face à la bête…

Alien³

Il est parfois étonnant de se dire que le réalisateur David Fincher ne veuille plus entendre parler de ce film, ses prises de becs avec les exécutifs de la Fox minant fortement l’ambiance sur le plateau. Sigourney Weaver se donne à fond mais même si elle reconnait le talent de Fincher, elle ajoute que ce dernier était plutôt avare en directive, préférant s’occuper de la technique. Dommage qu’on ne saura probablement jamais ce qu’il s’est vraiment passé sur les plateaux mais force est de constater que malgré le chaos ambiant, le film est parfaitement réussi. Si la version alternative du DVD donne une petite idée de ce qu’à voulu faire Fincher, je dois admettre que je préfère la version cinéma. Plus dense, plus efficace… Je rajouterais simplement ce magnifique passage où Golic, basculant dans la folie, décide de libérer le “démon”, alors que ses courageux compagnons avaient finalement réussi à l’enfermer. Cela renforce énormément la noirceur et le climat mystique qui règne tout au long du film. La formidable musique d’Elliot Goldenthal complète le tableau avec panache (et pourtant, ce n’était pas facile de passer après les scores monstrueux de Jerry Goldsmith et de James Horner). Certains projets accouchent dans la douleur, mais dans le cas d’Alien ³, ca en valait la peine…

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